Quelques idées…
J‘ai entrepris de (re)lire et (ré)écrire un certain nombre de présentations et d’articles que j’avais produits pour mon club photo, concernant le côté technique de la photographie.
Je suis effaré par les approximations et les contresens qui sont véhiculés depuis une trentaine d’années — la confusion entre notions de « vitesse » et de « durée » n’étant pas la moindre — sans aucune autre justification que celle, laxiste et non rigoureuse, qui consiste à dire que « c’est comme ça qu’on l’explique partout, dans tous les médias, les magazines, les formations et tutoriels ». Ces contresens se transmettent de bouche d’expert auto-proclamé à oreille d’apprenant innocent, et ce même jusque dans certains manuels d’utilisation des appareils.
Effaré je suis, vous dis-je !
Aux francophones, pour traduire le « shutter speed » anglo-saxon, j’ai une solution à proposer.
De fait, le vocable anglais speed se traduit de deux manières différentes.
D’abord, par vitesse, en confondant ainsi la variable durée (qui est une grandeur temps) avec la variable vitesse (qui est une grandeur dérivée d’une autre grandeur par rapport au temps) – ce qui met tout le monde dans l’erreur et embarrasse le formateur car il arrive souvent que ce dernier soit poussé à des explications capillotractées quand, justement, pour les besoins de l’explication d’un réglage, il faut faire la différence entre ces deux notions – mais aussi par rapidité.
Ce vocable de rapidité, idéalement adapté à la notion de durée d’un évènement, devrait être utilisé pour remplacer sans inconvénient le vocable vitesse dans l’expression vitesse d’obturation. Pour les Anglos-saxons, je n’ai rien à proposer… et le S de SPEED restera toujours gravé sur les barillets et autres boutons de nos APN pour spécifier le mode «priorité durée d’exposition / speed priority».
Je suis convaincu qu’il est bien plus simple de caractériser la durée du cycle «ouverture – fermeture de l’obturateur» par sa rapidité,. Et celle-ci pourrait être exprimée, pratiquement, par l’inverse de sa durée (pour les durées inférieures à la seconde). Ainsi pour une durée d’exposition de 1 centième de seconde (1/100 s) la rapidité serait de 100, pour 1/8 000 s ce serait 8000 (les puristes pourront rajouter l’unité s-1 de cette grandeur : la seconde puissance -1). Dès lors, il suffirait d’avoir à l’esprit que réduire une durée d’exposition – régler sur une durée plus courte pour un sujet se déplaçant rapidement – revient à augmenter la rapidité de la prise de vue ; les concepts évoluent dans le même sens : plus le sujet va vite, plus j’accrois la rapidité de la prise de vue. Pratiquement, mise à part une légère évolution du vocabulaire – remplacer vitesse d’obturation par rapidité – les mécanismes réflexes et les habitudes des photographes seraient conservés et la rigueur mathématique et physique, respectée. Et moi, là, j’y retrouve mon compte.
Un autre point m’inspire réflexion : il s’agit cette fois du deuxième paramètre du triplet de l’exposition, celui qui a trait à la gestion du diaphragme, dispositif placé dans l’objectif délimitant la section de passage à la lumière. Beaucoup, dont les souvenirs scolaires et la gymnastique mathématique sont un peu lointains, ont des difficultés avec les nombres qui caractérisent le diamètre d’ouverture du diaphragme, d’autant qu’ils sont généralement affublés d’un préfixe comme f/ ou f: voire f tout court. On a tout simplement oublié de leur dire qu’il s’agit d’une convention, exprimant d’une manière relative le diamètre diaphragme par comparaison avec la longueur focale f du-dit objectif ; ainsi diamètre = f/n. Ce nombre n étant placé au dénominateur conduit à ce qu’un accroissement de n implique une diminution de l’ouverture. ; et inversement. Une fois encore, il faut jongler avec des vocables impliquant des concepts inverses : ouvrir plus revient à diminuer n. Et si nous parlions plutôt de fermeture : fermer moins (ouvrir plus) revient à diminuer n. La fermeture du diaphragme évolue dans le même sens que l’index n : plus le nombre est grand plus la fermeture est grande. Cela devient d’une simplicité biblique ! Non ?
N’hésitez pas, chers lecteurs, à vous exprimer dans les commentaires. Comment vous a-t-on enseigné ces notions ? Avez-vous eu des difficultés à vous approprier ces notions ? Pensez-vous que ces réflexions soient raisonnables — certes, il y a actuellement des sujets bien plus importants et prioritaires — ou suis-je un Don Qichotte réinventé qui s’ignore ?
Bonjour Jean Claude,
J’ai peu de recul dans le monde de la photo, puisque je m’y intéresse depuis avril 2020, « grâce »- ou à cause du confinement. J’avais fouiné sur le Web ( Laurent Breillat, JC Dichant, Yannick Delongué,) et puis je suis tombé sur Nicolas Croce. J’ai fait les 6 formations et acheté les ouvrages, que j’ai parcouru peut être un peu trop vite, mais je relirai …
Il est vrai que le langage est plutôt déroutant. Mais perso, pour me souvenir rapidement, et pour ne pas trop réfléchir au moment du shoot, au risque de voir la scène s’évaporer, je retiens des notions SIMPLES :
1- Vitesse (ou durée, ou t.d.pose): + le chiffre est petit, + la lumière entre.
2- Ouverture : id° id°
3- MAIS : + le chiffre est petit, + le flou augmente – mouvement pour la vitesse ou PDChamp pour l’ouverture.
J’ai aussi une autre notion tout aussi rudimentaire :
Ouverture : + le chiffre est petit, + la PDC est petite (courte), + la distance doit être petite (courte), + la Focale doit être … grande (longue).
Juste pour le terrain et sans se casser la tête. Maintenant il est sûr qu’il faut potasser le triangle d’expo et approfondir un peu, bien aidé en cela par les nombreux sites, blogs, ouvrages, forums, les explications de Nicolas très limpides m’ont beaucoup appris, et sans oublier la sophistication des APN !
A ce sujet je viens d’acheter le Lumix S5, dernier hybride FF de Pana : une véritable usine à gaz.
Je suis globalement d’accord avec tes commentaires.
Cordialement
Jacques Giacomo GHILARDI
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Merci Jacques.
La tâche que je me suis assignée est délicate, notamment en direction des »jeunes » comme toi nouvellement dans le »bain ». Je pense écrire d’autres articles pour recentrer les informations et faciliter les lectures entre ce qu’on lit un peu partout et ce que je rappelle.
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Bonjour Jean Charles,
Entièrement d’accord avec toi pour faciliter la lecture actuelle et la réalité.
Si comme je pense – mais je n’en sais rien- ces conventions utilisées aujourd’hui ont été adoptées pour faciliter la compréhension, la lecture reste illogique. En voiture pas besoin d’être féru de mécanique pour comprendre qu’en 6ième on va plus vite qu’en 2ième ou 3iéme. Le fait de bouger un levier, ou une manette, dans le bon sens, pour satisfaire un besoin est devenu presque machinal, instinctif.
Dans cette direction pourquoi ne pas adopter pour la photo, autant pour définir la vitesse et l’ouverture un système identique à la compensation expo. Ainsi (pour ouverture )on pourrait avoir f/8 =à 0. En allant vers le + signifierait que l’on laisse entrer plus de lumière : 8 + 1 soit 5,6 lumière doublée. Ou 8 + 1/3 soit 7,1, 8 +2/3 soit 6,3. Etc. Inversement dans le sens négatif. Et pareil pour la durée en prenant une valeur référence arbitraire.
A mon avis il n’aurait pas fallu prendre des libertés avec l’optique, en adoptant des conventions fantaisistes.
D’un côté la science pure et de l’autre pourquoi pas quelles régles pour faciliter la compréhension d’un APN.
Maintenant je te laisse le soin de réfléchir, comment et par qui, pourrait on changer…
Pardon, si qq fautes car je réponds avec un smartphone.
Belle journée, belles photos et bonnes réflexions.
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Merci à toi pour tes commentaires inspirants et inspirés (ou l’inverse 😉 )
Dans les bouquins écrits il y plus de 60 ans, époque où j’ai commencé à m’intéresser à la photo, le langage était clair et les notions simplement expliquées et, surtout, en accord avec ce que l on apprenait au lycée, tant en maths qu’en physique, voire même en chimie. Mais les temps ont changé, les niveaux ont baissé et le « ne pas se prendre la tête » à conduit à des simplifications superficielles qui, semblant évidentes au départ, compliquent les choses quand on veut approfondir.
Dans mes prochains articles, je tenterai de montrer la logique de nos anciens, toute pleine de bon sens.
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OK . 5/5. C,’est bien ce que je pense !
Bonne A.Midi
Jacques Giacomo GHILARDI
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J’ai commenté dans la rubrique Général du Cercle
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Merci Claude.
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Pour ce qui est de l’ouverture du diaphragme encore une fois je partage ton analyse et la prend à mon compte.
Cependant cette convention est et depuis longtemps bien encrée dans mon esprit mais ce ne fut pas toujours le cas à mes début en photographie.Surtout par rapport à la focale qui n’a rien à voir avec comme chacun sait normalement.
Comme tu le soulignes c’est une convention donc qui pourrait la changer aujourd’hui, pas moi c’est certain. La soumettre à une fédération comme la FFP pourquoi pas!.
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Merci Yvon
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